Souvenir(s)

Portrait de soldat

Pour le centenaire de l'Armistice de la Première Guerre mondiale, voyage en images dans le Châtellerault de la grande guerre.

Les fonds photographiques Arambourou du musée et des archives livrent des tranches de vie émouvantes, des instantanés saisissants, des "gueules" poignantes.

Cent ans après, le regard de ce soldat châtelleraudais nous intime expressément de ne pas oublier. Sous ce regard, son bras meurtri. Traversé par une balle. Il a eu la vie sauve, ce qu'il doit sans doute à peu de choses. 527 soldats châtelleraudais sacrifieront la leur au cours de ce conflit.

P A R T I R

appel à la mobilisation

Août 1914. Les hommes, mobilisés, s'apprêtent à quitter femmes et enfants. Sous un soleil de plomb qu'atténuent les frondaisons des arbres de la promenade Blossac, paquetages et fusils s'empilent.

Août 1914. Les hommes, mobilisés, s'apprêtent à quitter femmes et enfants. Sous un soleil de plomb qu'atténuent les frondaisons des arbres de la promenade Blossac, paquetages et fusils s'empilent.

En passant devant le monument aux Morts de la guerre de 1870, garni de fleurs. Les bâtiments sont pavoisés pour saluer le départ des Châtelleraudais.

En passant devant le monument aux Morts de la guerre de 1870, garni de fleurs. Les bâtiments sont pavoisés pour saluer le départ des Châtelleraudais.

Baïllonnette à l'épaule, torse fièrement gonflé, les hommes défilent pour rejoindre la gare sous le regard de la foule massée à proximité de l'hôtel de ville. A gauche, un adolescent en casquette les regarde passer. Encore trop jeune pour partir. Un jour, ce sera son tour.

Baïllonnette à l'épaule, torse fièrement gonflé, les hommes défilent pour rejoindre la gare sous le regard de la foule massée à proximité de l'hôtel de ville. A gauche, un adolescent en casquette les regarde passer. Encore trop jeune pour partir. Un jour, ce sera son tour.

Gestes d'au-revoir. Le train est bondé, ceux restés à quai prendront le prochain. Ces hommes, clairon en bandoulière ou au bras, croient dur comme fer que cette guerre qui commence sera une guerre éclair.

Gestes d'au-revoir. Le train est bondé, ceux restés à quai prendront le prochain. Ces hommes, clairon en bandoulière ou au bras, croient dur comme fer que cette guerre qui commence sera une guerre éclair.

V I V R E

Les hommes dans la fleur de l'âge partis, restent les femmes, les hommes trop jeunes et les trop âgés. L'attente commence avec chaque jour son lot d'inquiétudes.

Les hommes dans la fleur de l'âge partis, restent les femmes, les hommes trop jeunes et les trop âgés. L'attente commence avec chaque jour son lot d'inquiétudes.

Loin du front, Châtellerault ne chôme pas. Les femmes prennent le relais aux champs, cultivent la terre pour nourrir l'armée.

Les images de l'effervescence à la Manufacture d'armes n'existent pas et ne l'ont jamais été car IN-TER-DITES. 750 ouvrières et travailleurs chinois sont recrutés dès 1914 pour pallier à l'absence des hommes partis risquer leur vie.

L'industrie châtelleraudaise est en première ligne de la première guerre de masse. On répare les armes endommagées, on les adapte aux conditions de combat dans les tranchées, on produit des fusils Lebel à tour de bras. On innove aussi pour la gagner cette guerre : c'est notamment la mise au point du fusil mitrailleur Chauchat.

27 octobre 1914. A proximité du pont Henri IV, drapeau flottant au vent, les hommes du poste 6 du Chillou, chargés de surveiller la voie ferrrée Paris-Bordeaux au sud de Châtellerault, posent autour d'une dame à l'air volontaire. A côté d'elle, une petite fille tient fermement sa poupée de porcelaine.

27 octobre 1914. A proximité du pont Henri IV, drapeau flottant au vent, les hommes du poste 6 du Chillou, chargés de surveiller la voie ferrrée Paris-Bordeaux au sud de Châtellerault, posent autour d'une dame à l'air volontaire. A côté d'elle, une petite fille tient fermement sa poupée de porcelaine.

Châtellerault, ville de garnison, est un terrain où l'on peut se préparer en toute sécurité. Les hommes s'entraînent dans des tranchées d'essai. La pipe au bec et la gourde à portée de main. Bientôt, ils connaîtront le front, la boue, le sang, le bruit sans répit.

Châtellerault, ville de garnison, est un terrain où l'on peut se préparer en toute sécurité. Les hommes s'entraînent dans des tranchées d'essai. La pipe au bec et la gourde à portée de main. Bientôt, ils connaîtront le front, la boue, le sang, le bruit sans répit.

Portrait

Châtellerault, ville du bon accueil, ouvre les bras à des colonnes de réfugiés belges. Des femmes, des enfants, épuisés par un long voyage et qu'il faudra nourrir. Sur les pavés du pont Henri IV, certains brandissent des drapeaux ou des bannières sur lesquelles on peut lire "Allemands, jamais".

Châtellerault, ville du bon accueil, ouvre les bras à des colonnes de réfugiés belges. Des femmes, des enfants, épuisés par un long voyage et qu'il faudra nourrir. Sur les pavés du pont Henri IV, certains brandissent des drapeaux ou des bannières sur lesquelles on peut lire "Allemands, jamais".

Vivre, c'est aussi survivre à un mari, à un père tombé au combat. Une cérémonie officielle est organisée devant l'hôtel de ville pour procéder à la décoration à titre posthume d'un soldat. Sa veuve, en grand deuil, est accompagnée d'un petit enfant, devenu orphelin.

Vivre, c'est aussi survivre à un mari, à un père tombé au combat. Une cérémonie officielle est organisée devant l'hôtel de ville pour procéder à la décoration à titre posthume d'un soldat. Sa veuve, en grand deuil, est accompagnée d'un petit enfant, devenu orphelin.

S O I G N E R

Les blessés sont évacués à l'abri des zones de conflit.

Châtellerault voit arriver des trains d'hommes brisés physiquement, moralement chamboulés par la guerre.

Vite, l'hôpital déborde. Pour soigner les blessés, on fait avec les moyens du bord. Plusieurs bâtiments publics sont métamorphosés en lieux de soins : la bourse du travail, le collège des garçons (actuelle école d'Arts plastiques), le couvent des Dominicains, le cercle catholique. Des particuliers mettent à disposition des maisons, donnent des lits, du linge, du temps.

De nombreuses femmes s'improvisent infirmières et ont à coeur d'aider ces hommes en pensant au leur. Parti si loin.

Le temps s'étire. Les blessés écrivent à leur proches pour les rassurer. Au fond de la chambrée, une femme donne nourrit à la cuillère un homme incapable de s'alimenter.

Le temps s'étire. Les blessés écrivent à leur proches pour les rassurer. Au fond de la chambrée, une femme donne nourrit à la cuillère un homme incapable de s'alimenter.

Béquilles, cannes, bandages. Certains soldats sont en capacité de se lever, d'autres restent alités.

Béquilles, cannes, bandages. Certains soldats sont en capacité de se lever, d'autres restent alités.

Grâce à l'essor des unités de voitures sanitaires, les blessés sont vite évacués du front vers l'arrière. Châtellerault voir arriver nombre de ces convois automobiles. En 1918, la ville devient centre d’évacuation. Les arrivées et les départs de blessés sont quotidiens.

Grâce à l'essor des unités de voitures sanitaires, les blessés sont vite évacués du front vers l'arrière. Châtellerault voir arriver nombre de ces convois automobiles. En 1918, la ville devient centre d’évacuation. Les arrivées et les départs de blessés sont quotidiens.

R E N T R E R

5 octobre 1919. Un arc de triomphe de bois pavoisé est dressé pour accueillir les soldats du bataillon du 32e régiment d'infanterie qui, enfin, rentrent chez eux. L'arc de triomphe, élevé dans l'alignement du kiosque sur la promenade Blossac, est orné de faisceaux d'armes, dits panoplies de Steck. Il s'agit de ceux qui, aujourd'hui, ornent l'escalier monumental et le salon d'honneur de l'hôtel de ville.

5 octobre 1919. Un arc de triomphe de bois pavoisé est dressé pour accueillir les soldats du bataillon du 32e régiment d'infanterie qui, enfin, rentrent chez eux. L'arc de triomphe, élevé dans l'alignement du kiosque sur la promenade Blossac, est orné de faisceaux d'armes, dits panoplies de Steck. Il s'agit de ceux qui, aujourd'hui, ornent l'escalier monumental et le salon d'honneur de l'hôtel de ville.